LIVRE D'OR BORDENCRE

  • loading
  • #7

    Richard Renfro (jeudi, 29 octobre 2009 08:42)

    Larguer les amarres




    Voilà qu’ils partent
    Les voilà partis
    Avec cet éclat dans les yeux
    Qui permet d’un seul regard
    D’embrasser l’horizon

    Cœurs gonflés, la tête dans les nuages
    Gabiers sur les vergues
    Dé carguer le hunier volant, le fixe et la misaine !
    Matelots hissez la grand voile et l’artimon !
    Timonier tiens bon la barre
    La Boudeuse va danser sur l’océan !

    Roulez, tanguez, prenez de la bande
    Enfants de l’aventure !

    Ce que vous allez voir
    Sera Paradis ou Enfer
    Jubilation ou Chagrin
    Selon que vous y mettrez
    Votre Ame ou vos Peurs.

    Hardi Marins !
    Equipage improbable
    Ton ciment, ta force,
    Tes joies, ta fortune
    Partagés et uniques
    Ont pour socle
    L’élan vers les autres et
    Les merveilles de ce monde

    Voilà qu’ils partent…
    Les voilà partis…
    Avel mad les amis

    Que ceux qui vous aiment
    Vous gardent !

  • #6

    Marie (dimanche, 13 septembre 2009 15:21)

    De la Terre.

    "Pour acquérir la liberté, il faut trois choses:
    la force, la connaissance et l'amour."
    Lanza del Vasto

    D'une famille d'industriels, mon enfance fut marquée
    par un retour à la terre, à la suite d'une véritable
    conversion opérée dans le coeur de mes parents.
    De cette forme de conversion qui donne fruit à un
    renversement intérieur dans l'esprit de Thoreau
    lorsqu'il dit:" relever l'être véritable derrière le
    Paraître". Donnant corps, avec justesse, à cette vie
    dans ce qu'elle a de plus essentiel et de plus
    profond.

    Enfance. Premier éveil. Nous vivions en presque totale autarcie volontaire. Proche d'autres familles plus
    strictes encore dans leur choix.
    Ces hommes et ces femmes fondèrent les premières
    mouvances d'un principe écologique naissant.
    Tous bâtisseurs, précurseurs et visionnaires.
    Tant pragmatiques que fous. Dans le privilège
    de cette folie.

    La maison ne désemplissait pas. Une humanité affermie.
    Variée.
    Toutes ces choses dites, entendues et vécues
    marquèrent, à jamais, ma vie.
    Ainsi, par Grâce, j'ai grandi dans la proximité d'une
    nature sauvage et préservée. Respirant librement
    cette vie déliée de tout artifice.

    Racines. Exceptionnelles racines qui permettent
    de voir tourner le vent.

    Ces Hommes-là étaient des joyeux. Leur ancrage à la
    simplicité était principes et préceptes de vie.
    Leur choix n'était pas de renoncer aux choses mais
    de magnifier leur vie. Bouffeurs d'espérance.
    Non pas ravagés par la crainte.

    L'Homme, aujourd'hui, vit de terreur.
    On nous dit: -Pansons la terre! -Sauvons-la!
    Mais quelle force mentale faut-il pour ce si soudain basculement des choses.
    Nourris et soigne cette créature dont les infirmités
    donnent la mort. Puisque sa mort est notre mort.

    La terre obéit à sa nature.
    En résonance de son altérité.

    Si l'Homme ancien vouait un culte à la Nature
    ce n'était peut-être pas pour chercher refuge,
    aide ou satisfaction. J'aimerais croire que
    sa vénération était emprunte de gratitude.
    Cette terre est nous et nous sommes cette terre.
    Il n'y a pas enfantement. Il y a Genèse. Perpétuelle.

    Il manquerait presque, aux Béatitudes du Christ, cet:
    Heureux ceux qui ne possèdent pas la terre,
    ils ne seront pas possédés.

    Peuples d'errances. Foulant la terre. Petits peuples
    sans la terre.
    Peuples de suffisance. Rêvant la terre. Grands peuples
    sans goût de terre.
    Fils et filles. Tous déshérités.
    Qui peut se targuer, aujourd'hui, d'une filiation
    à cette légitimité?

    Dans la nuit des temps, l'Homme vénérait probablement
    la Nature toute entière comme force de construction
    qui faisait corps avec son propre rythme.
    Mère matricielle et non mère de lait.
    L'acte le plus juste serait donc l'aimer.
    Dans l'évidence sacrée de ce lien.





  • #5

    Fratel Go (samedi, 12 septembre 2009 16:31)

    (Poème chinois)

    Je suis un Enfant-Roi
    Je suis né sous l'aile du papillon
    Le jour de la Sainte Rébellion
    L'instant à Moi de faire n'importe quoi




    Une nuit...

    Une nuit j'attends demain
    Demain nous serons deux
    Deux ne formant qu'un
    Qu'un seul et indivisible être
    Être héroïque et érotique
    Erotique création d'un rêve
    Rêve d'une danse de muse
    Muse de l'Eden, une voix me dit:"Oui!"
    Oui à l'éternelle odyssée
    Odyssée de mon coeur je vous aime.

  • #4

    Marie (mardi, 08 septembre 2009)


    Y-a-t-il un axe qui se tient. Qui se touche.
    Tête-terre-altière. Quand prendrons-nous ton poul.
    Tu respires? Encore? Souffle-moi de ton souffle pour ce que tu vis en moi. Axe-moi la tête en haut, en bas. Cruciforme-moi. Mais de vie!

    Frivole. Tu rigoles.

    Tes cheveux chevauchants chevelus n'indiquent pas le vent. Tu hurles. Soit. Il est temps.
    Mais, moi, terre, que puis-je, les bras ballants.
    Mets-moi au monde même entre tendres jambes chancelantes.

    Que je t'aime. Toi aussi, dis?
    Sommes-nous si incertains. Sans certitude. Tire à moi la force vive qui de relents s'efforce à trier la lumière.
    Bras agités de l'aube qui point.

    poings liés.
    Mais vivre!

  • #3

    Richard Renfro (lundi, 24 août 2009 22:54)

    Armement




    Successeur de feu la Jonque
    Dragon aux ailes de reptile
    Perdu au fond des mers
    La Boudeuse en garde
    Un tatouage à sa proue
    Comme une cicatrice

    Signe d’une aventure infinie
    A la découverte des hommes

    Elle n’attend que ses propres ailes
    Attrapes Vent carrés, triangulaires ou trapézoïdaux
    Pour danser sur l’océan et la houle
    Fendre l’écume, survoler la vague
    Comme un oiseau fabuleux

    Heureux de s’embarquer
    Le regard des hommes
    Reflète déjà les horizons lointains
    L’Inattendu, l’Inconnu

    L’ardeur submerge toute crainte
    Et transforme cette pointe au cœur
    En une indicible joie

    Joie parfois difficile à partager
    Avec ceux qui restent
    Quand le navire disparaît à l’horizon

    Ne soyez pas tristes !
    Nous reviendrons avec
    Dans les yeux
    Cette lumière
    Témoin des merveilles
    Et des hommes rencontrés

    Alors comprendrez-vous
    Cette jubilation
    De partir à l’aventure
    Et grâce à son éclairage
    Partager ce bonheur

  • #2

    Marie (vendredi, 14 août 2009 01:27)


    Ah! Que tu es petit mon oeil qui regarde.

    Il est des mots qui énoncent l'image, son reflet inspiré.
    L'image ne signifie pas correspondance. L'image est souffle unifié. Elle est parcelle du tout, rendue une par la vue. Vue, vision, mémoire du monde. L'image ne renseigne rien, si la vision est creuse. Elle énonce des codes, couleurs, vibrations. Une mise en demeure de l'espace, de l'objet qui en lui même provoque les sens.
    Mais que voyons-nous? Que regardes-tu?
    Qui es-tu, toi, le contemplant, quand l'image pose ton oeil en étau? Rien si tu es vide. Un monde si tu lui fais corps.

    Et, je songeais au voyage, à votre navire, à ce monde immergé qui trace, creuse et marque. Je pensais à la vue, là bas, en mer, qui se décante au gré des jours, des mois. Puis, se défait d'elle-même. Je pensais à l'essentielle vision des bleus, des blancs, des noirs, des verts donc du jaune. Là, où les mondes se joingnent. Par la couleur et par la ligne. Par la lumière marquée au trait. Là, la courbe de l'arbre en sa nervure se retrouve dans le flôt hachuré. Là, où tout mouvement crée, dresse, racle comme à l'ébauche du monde. Alors, j'enviais votre route. Dans l'absente image qui laisse tout à créer.
    Que les vents soient favorables à l'oeil du marin qui fera lune son orbite. Qui étoilera la vague au firmament de sa force. Qui laissera l'image-absence tracer des routes au confin de ses âmes. Enfin, que transcende et naisse de vos regards, matière hors d'elle-même sortie. En monde primordial.

    (En écho des mots du 25 mai. Envie de vous écrire.)

  • #1

    Clément Astrer (mercredi, 05 août 2009 19:00)

    Départ.

    Ne pleurez pas. Ne me pleure pas. Ne pleure pas.
    Passe, avance, passe! Partir. Adieu.
    Pleurs-fleurs-pas. A Dieu!

    Femmes qui voyez partir.
    Femmes-fleurs.
    Offertes.

    Rougis, ton regard inversé.
    Celui qui retient pour ne pas offrir.
    Femme, offrande sur un quai. Femme offerte.

    Ta joie illusoire, marin.
    Son âme: béante, arrimée à l'horizon lointain.
    Bientôt, te reste le point au regard.

    Marins, souffrez seulement, de n'avoir reconnu son chagrin qui s'est tu.